Avant de prendre part à son 2e Tour d'Italie, Thomas Voeckler a commenté les aveux d'Ivan Basso. Le coureur de Bouygues Telecom doute clairement de la sincérité de l'Italien et estime que sa démarche est avant tout individuelle.
Thomas, comment réagissez-vous aux aveux d'Ivan Basso dans le cadre de l'affaire Puerto ?
J'ai cru comprendre qu'il avait avoué mais pas tout. Je pense que s'il agit de cette manière, c'est parce qu'il était coincé. C'est toujours mieux que de nier, c'est sûr. Mais je pense qu'il n'avait pas d'autre choix et qu'il a adopté cette attitude pour faire «bien» entre guillemets, pour sauver sa peau, même si ça n'engage que moi.
Lui affirme qu'il ne s'est jamais dopé mais qu'il en avait seulement eu l'intention. Vous croyez à sa sincérité ?
Non (catégorique). Maintenant je peux me tromper, peut-être a-t-il raison. L'avenir et la justice nous le diront. Je ne sais pas mais pour moi, quand on n'est pas dopé, on ne va pas solliciter ce genre de médecins.
Malgré tout, même s'il semble qu'il ne donnera pas d'autres noms, ces aveux peuvent-ils contribuer à faire bouger les choses dans ce dossier ?
Pour être clair, c'est certain que c'est mieux qu'il parle ouvertement de ce qu'il a fait. Je pense qu'il faut quand même du courage pour avouer comme ça. Dans sa tricherie, il a du mérite si on peut dire. Ensuite, je ne suis pas soulagé par ses aveux. Je ne me préoccupe pas du tout d'Ivan Basso. Moi ce qui m'intéresse, c'est la santé du vélo et que les problèmes disparaissent.
Qu'attendez-vous maintenant de cette affaire ?
Je n'attends rien en particulier, j'espère simplement que tous les tricheurs seront démasqués, qu'il n'y ait pas seulement une partie qui soit punie.
L'UCI, ASO, les équipes ont récemment affiché l'union sacrée en matière de lutte contre le dopage. T-Mobile a suspendu deux soigneurs qui étaient présumés impliqués dans des affaires en 1996. Pour vous, ce sont des signes forts ou cela reste encore à la surface ?
Je pense qu'on va dans le bon sens. Il y a une prise de conscience des instances qui est intéressante. Est-ce que ce sera suffisant, je ne sais pas. Au moins, on essaye de faire les choses. Ce qui se passe chez T-Mobile, avec des mesures concrètes, je trouve ça vraiment encourageant. C'est une équipe qui n'a pas hésité à se séparer de son leader l'année dernière. Ce sont des attitudes respectables.
Ces aveux d'Ivan Basso peuvent-ils avoir une influence sur le Giro qui part samedi, avec davantage de contrôles, voire des descentes de police ?
Je ne sais pas. J'ai vécu le Giro 2001 avec le blitz de San Remo donc je pense déjà qu'on ne peut pas faire plus à mon avis (léger sourire). Peut-être, ce ne serait pas plus mal. Plus il y a de contrôles, mieux c'est, du moment que cela sert à quelque chose. Je ne sais pas s'il y en aura plus. La justice italienne est quand même différente des instances sportives, j'attends de voir.
Pour parler un peu sur le plan sportif, ce sera votre 2e participation au Giro après 2001. Pourquoi avoir choisi de revenir alors que la plupart des coureurs français préfèrent se concentrer sur le Tour de France ?
Je ne peux pas dire que j'ai les moyens de miser toute ma saison sur le Tour de France donc à partir de là, j'arrive dans ma 28e année, je pense avoir le moteur pour faire deux grands tours dans l'année. Je l'avais déjà fait en 2005 avec le Tour et la Vuelta. J'avais tout simplement envie de faire le Giro. C'est vrai qu'il y avait aussi une volonté de la part de l'équipe de voir des leaders faire deux grands tours, notamment pour encadrer les jeunes.
Quelles seront vos ambitions personnelles sur ce Tour d'Italie ?
Comme sur toutes les courses à étapes du Pro Tour, je sais très bien que je suis trop limité en contre-la-montre et en haute montagne pour viser le général donc j'aimerais vraiment décrocher une étape. Maintenant, je ne perds pas de vue qu'en 4 Tours de France, un Tour d'Italie et un Tour d'Espagne, je n'ai pas encore réussi à en accrocher une. Il y a beaucoup de coureurs qui partent avec cet objectif donc on verra comment ça se passe au jour le jour.
Avez-vous déjà étudié le parcours et ciblé quelques étapes ?
Oui, j'ai regardé le parcours. Il y a quelques arrivées qui sont extrêmement difficiles. Ensuite, cocher une étape en particulier, c'est toujours délicat parce qu'il faut connaître les dispositions des différents leaders, est-ce qu'ils seront enclins à laisser partir une échappée, le profil exact parce que quand on ne connaît pas vraiment le coin, ce n'est jamais évident. Réussir une épopée comme en 2004 sur le Tour de France en prenant le maillot, bien sûr, tous les coureurs en rêvent, même s'il y aura moins d'impact.
D'un point de vue général, comment jugez-vous votre début de saison ?
Jusqu'à Milan-San Remo, j'étais vraiment très content de mes sensations, j'avais de très bonnes jambes. J'ai été meilleur grimpeur sur Paris-Nice. Pour une course de ce niveau, c'est plutôt pas mal. Ensuite, j'ai récupéré et là, je sens que la condition revient petit à petit. J'ai vu sur la Flèche Wallonne que j'étais pas trop mal. Mais c'est vrai que je suis un petit peu frustré de ne pas avoir pu lever les bras.
Justement, l'équipe Bouygues Telecom est largement en-deçà de ses objectifs de début de saison avec une seule victoire au Tro Bro Léon (Saïd Haddou). Comment expliquez-vous cela ?
Je n'ai pas d'explication particulière. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'a pas réussi le meilleur début de saison depuis la création de l'équipe. On a essayé de peser sur la course comme sur Paris-Nice ou la Flèche Wallonne, on a été à l'avant mais il n'y a pas de victoire. Il n'y pas du tout de pression du sponsor. La pression, on se la met tout seul parce qu'on n'aime pas trop subir. On veut vraiment avoir des résultats plus probants, être devant et surtout gagner.
Est-ce que vous continuez à avoir des doutes sur certains coureurs, certains disent que Fuentes est de retour dans le peloton, ou faut-il simplement accepter le fait que les autres sont plus forts ?
Depuis un certain moment, j'ai choisi ma façon de voir les choses. J'accepte tout à fait qu'il y en ait qui soient plus forts que moi, c'est la loi du sport, parce que moi-même, je suis parfois plus fort que d'autres qui s'entraînent tout autant que moi. D'un autre côté, avec les affaires qui sortent régulièrement et les coureurs qui se font pincer aux contrôles, il ne faut pas être naïf non plus. J'essaye de faire mon bout de chemin avec cet état d'esprit.
Thomas, comment réagissez-vous aux aveux d'Ivan Basso dans le cadre de l'affaire Puerto ?
J'ai cru comprendre qu'il avait avoué mais pas tout. Je pense que s'il agit de cette manière, c'est parce qu'il était coincé. C'est toujours mieux que de nier, c'est sûr. Mais je pense qu'il n'avait pas d'autre choix et qu'il a adopté cette attitude pour faire «bien» entre guillemets, pour sauver sa peau, même si ça n'engage que moi.
Lui affirme qu'il ne s'est jamais dopé mais qu'il en avait seulement eu l'intention. Vous croyez à sa sincérité ?
Non (catégorique). Maintenant je peux me tromper, peut-être a-t-il raison. L'avenir et la justice nous le diront. Je ne sais pas mais pour moi, quand on n'est pas dopé, on ne va pas solliciter ce genre de médecins.
Malgré tout, même s'il semble qu'il ne donnera pas d'autres noms, ces aveux peuvent-ils contribuer à faire bouger les choses dans ce dossier ?
Pour être clair, c'est certain que c'est mieux qu'il parle ouvertement de ce qu'il a fait. Je pense qu'il faut quand même du courage pour avouer comme ça. Dans sa tricherie, il a du mérite si on peut dire. Ensuite, je ne suis pas soulagé par ses aveux. Je ne me préoccupe pas du tout d'Ivan Basso. Moi ce qui m'intéresse, c'est la santé du vélo et que les problèmes disparaissent.
Qu'attendez-vous maintenant de cette affaire ?
Je n'attends rien en particulier, j'espère simplement que tous les tricheurs seront démasqués, qu'il n'y ait pas seulement une partie qui soit punie.
L'UCI, ASO, les équipes ont récemment affiché l'union sacrée en matière de lutte contre le dopage. T-Mobile a suspendu deux soigneurs qui étaient présumés impliqués dans des affaires en 1996. Pour vous, ce sont des signes forts ou cela reste encore à la surface ?
Je pense qu'on va dans le bon sens. Il y a une prise de conscience des instances qui est intéressante. Est-ce que ce sera suffisant, je ne sais pas. Au moins, on essaye de faire les choses. Ce qui se passe chez T-Mobile, avec des mesures concrètes, je trouve ça vraiment encourageant. C'est une équipe qui n'a pas hésité à se séparer de son leader l'année dernière. Ce sont des attitudes respectables.
Ces aveux d'Ivan Basso peuvent-ils avoir une influence sur le Giro qui part samedi, avec davantage de contrôles, voire des descentes de police ?
Je ne sais pas. J'ai vécu le Giro 2001 avec le blitz de San Remo donc je pense déjà qu'on ne peut pas faire plus à mon avis (léger sourire). Peut-être, ce ne serait pas plus mal. Plus il y a de contrôles, mieux c'est, du moment que cela sert à quelque chose. Je ne sais pas s'il y en aura plus. La justice italienne est quand même différente des instances sportives, j'attends de voir.
Pour parler un peu sur le plan sportif, ce sera votre 2e participation au Giro après 2001. Pourquoi avoir choisi de revenir alors que la plupart des coureurs français préfèrent se concentrer sur le Tour de France ?
Je ne peux pas dire que j'ai les moyens de miser toute ma saison sur le Tour de France donc à partir de là, j'arrive dans ma 28e année, je pense avoir le moteur pour faire deux grands tours dans l'année. Je l'avais déjà fait en 2005 avec le Tour et la Vuelta. J'avais tout simplement envie de faire le Giro. C'est vrai qu'il y avait aussi une volonté de la part de l'équipe de voir des leaders faire deux grands tours, notamment pour encadrer les jeunes.
Quelles seront vos ambitions personnelles sur ce Tour d'Italie ?
Comme sur toutes les courses à étapes du Pro Tour, je sais très bien que je suis trop limité en contre-la-montre et en haute montagne pour viser le général donc j'aimerais vraiment décrocher une étape. Maintenant, je ne perds pas de vue qu'en 4 Tours de France, un Tour d'Italie et un Tour d'Espagne, je n'ai pas encore réussi à en accrocher une. Il y a beaucoup de coureurs qui partent avec cet objectif donc on verra comment ça se passe au jour le jour.
Avez-vous déjà étudié le parcours et ciblé quelques étapes ?
Oui, j'ai regardé le parcours. Il y a quelques arrivées qui sont extrêmement difficiles. Ensuite, cocher une étape en particulier, c'est toujours délicat parce qu'il faut connaître les dispositions des différents leaders, est-ce qu'ils seront enclins à laisser partir une échappée, le profil exact parce que quand on ne connaît pas vraiment le coin, ce n'est jamais évident. Réussir une épopée comme en 2004 sur le Tour de France en prenant le maillot, bien sûr, tous les coureurs en rêvent, même s'il y aura moins d'impact.
D'un point de vue général, comment jugez-vous votre début de saison ?
Jusqu'à Milan-San Remo, j'étais vraiment très content de mes sensations, j'avais de très bonnes jambes. J'ai été meilleur grimpeur sur Paris-Nice. Pour une course de ce niveau, c'est plutôt pas mal. Ensuite, j'ai récupéré et là, je sens que la condition revient petit à petit. J'ai vu sur la Flèche Wallonne que j'étais pas trop mal. Mais c'est vrai que je suis un petit peu frustré de ne pas avoir pu lever les bras.
Justement, l'équipe Bouygues Telecom est largement en-deçà de ses objectifs de début de saison avec une seule victoire au Tro Bro Léon (Saïd Haddou). Comment expliquez-vous cela ?
Je n'ai pas d'explication particulière. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'a pas réussi le meilleur début de saison depuis la création de l'équipe. On a essayé de peser sur la course comme sur Paris-Nice ou la Flèche Wallonne, on a été à l'avant mais il n'y a pas de victoire. Il n'y pas du tout de pression du sponsor. La pression, on se la met tout seul parce qu'on n'aime pas trop subir. On veut vraiment avoir des résultats plus probants, être devant et surtout gagner.
Est-ce que vous continuez à avoir des doutes sur certains coureurs, certains disent que Fuentes est de retour dans le peloton, ou faut-il simplement accepter le fait que les autres sont plus forts ?
Depuis un certain moment, j'ai choisi ma façon de voir les choses. J'accepte tout à fait qu'il y en ait qui soient plus forts que moi, c'est la loi du sport, parce que moi-même, je suis parfois plus fort que d'autres qui s'entraînent tout autant que moi. D'un autre côté, avec les affaires qui sortent régulièrement et les coureurs qui se font pincer aux contrôles, il ne faut pas être naïf non plus. J'essaye de faire mon bout de chemin avec cet état d'esprit.



